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  • Rencontres Extrèmes

    Un recueil de 21 beaux textes en hommage à Marguerite Duras. Les feuilles ici récoltées sont généreuses et parfumées, elles épicent le temps et pimentent la vie. S’il n’y avait ni l’amour ni la mer personne n’écrirait de livres.

  • J'ai fait un rêve

    Histoires d’amour, de fraternité, de famille, valse lente des souvenirs et des espoirs, épreuves de force...

  • Nous sommes tous des assassins

    De l'impasse du Paradis à Lusigny, ils sont tous des provinciaux du bonheur. Malhabiles à aimer, incapables de déchiffrer leur destinée...

  • Et lui tout seul il était tous les autres

    Cet ouvrage est né au printemps sous la plume d’auteurs réunis en atelier d’écriture à St Martin d'Uriage (Isère). Douze histoires courtes, humeurs d’atelier d'écriture devenues lieux et destins. D’un quai de gare aux bords de la Méditerranée

  • Rouge

    Tout est rouge… le bandeau d’un livre, une robe d’été, un bouquet de pavots, un blouson de cuir.

  • Personne n’est mort

    Philippe Aubert de Molay aime l'amour. L'amour le lui rend bien et ses amis aussi. Comme lui, ils ont été les gens qu'ils ont pu....

  • C'est pourtant joli Bernard comme prénom

    Rebondissant sur les rondeurs mortellement moelleuses de la bouchère pour contempler le bouillon de onze heures dans les yeux...

  • Ainsi sont-elles

    Quinze nouvelles inédites sur le thème « une femme, une ville ». Des histoires drôles parfois, souvent vraies, de jolis petits textes qui nous racontent toutes ces femmes comme elles sont dans la vie. Et c'est la ville, la vie avec elles...

L'atelier Soufflecourt

Remettre chaque jour l’ouvrage sur le métier, ciseler son texte en acceptant l’exigence d’un travail d’écriture « sous contrainte ». Partager ses textes, ses émotions, écrire pour soi tout en s’inscrivant dans une aventure collective, telles sont les règles de cette collection de recueils de nouvelles.

Directeur de collection : Philippe Aubert de Molay

  • Rencontres Extrèmes

    Auteur: 
    Ouvrage collectif
    Format: 
    10,5 x 15 cm
    Nombre de pages: 
    304 pages
    ISBN: 
    2‐9523476-­9-­3
    Prix: 
    12.00€

    Un recueil de 21 beaux textes en hommage à Marguerite Duras. Les feuilles ici récoltées sont généreuses et parfumées, elles épicent le temps et pimentent la vie. S’il n’y avait ni l’amour ni la mer personne n’écrirait de livres.

  • J'ai fait un rêve

    Prix: 
    9.90€

    Histoires d’amour, de fraternité, de famille, valse lente des souvenirs et des espoirs, épreuves de force, désir d’un monde meilleur, nos rêves – à la fois invincibles et fragiles – sont des petits paradis sur commande. Que reste-t-il aujourd’hui du discours de Martin Luther King ? Un demi siècle turbulent vient de s’écouler depuis que ces paroles de feu ont été prononcées. Rendons hommage aux visionnaires et aux hommes de courage qui oeuvrent dans l’ombre ou la lumière. Ce recueil est composé de 17 nouvelles qui font la part belle à l’aventure humaine. Alimentons nos songes de ces histoires ciselées par des auteurs qui ont sans doute rêvé de nous les faire partager. Offrons nous ce plaisir magique d’ouvrir un livre pour la première fois. Toute page qui se tourne est aussi la promesse honorée d’un rêve.

    Ce recueil rassemble les nouvelles lauréates du concours, organisé à l’échelle de la francophonie par les éditions Souffle court, en hommage au cinquantième anniversaire du discours « I have a dream » de Martin LutherKing du 28 août 1963 à Washington. « Le récit de John » de François Merdrignac a reçu le prix Première Nouvelle 2013 décerné par l'éditeur.

  • Nous sommes tous des assassins

    Auteur: 
    Léo Lamarche
    ISBN: 
    2-9523476-6-2
    Prix: 
    7.90€

    De l'impasse du Paradis à Lusigny, ils sont tous des provinciaux du bonheur. Malhabiles à aimer, incapables de déchiffrer leur destinée qui n'est qu'une suite de renoncements, ils n'ont que la violence pour résister aux autres et s'évader de soi. Sur les pavés des fermes, dans les rues de la grande ville, la même cohorte sombre des paumés et des lâches qui assassinent la joie de vivre. Sous le pont Mirabeau, coulent la Seine et des lambeaux d'amour.

  • Et lui tout seul il était tous les autres

    Nombre de pages: 
    163 pages
    Prix: 
    7.50€

    Cet ouvrage est né au printemps sous la plume d’auteurs réunis en atelier d’écriture à St Martin d'Uriage (Isère). Douze histoires courtes, humeurs d’atelier d'écriture devenues lieux et destins. D’un quai de gare aux bords de la Méditerranée, s’émouvoir de l’odeur des cistes, des cris de cour d’école, découvrir l’Arek ou le Singapour Sling. Douze nouvelles ciselées pour les poches côté cœur.

    Extraits: 
    (…) S’il avait su ce matin que le beau temps ne durerait pas toute la journée, il n’aurait probablement pas tout mangé... mais bon, c’est vrai qu’il avait faim... alors disons qu’il en aurait gardé un peu pour l’après-midi, oh pas beaucoup, juste un peu pour sauver la face en cas de pluie. Chantal Cadet – L’Oubli
    (…) Il est toujours plus valorisant de dire que l’on s’est croisé la première fois à une conférence en Sorbonne plutôt que dans une camionnette au bois. Philippe Vieille – Anne
    (…) Il eut un geste d’amant, il réchauffa ses pieds nus entre ses mains, et leurs gestes s’enchaînèrent comme de vieux amants. Ils se désaltéraient l’un de l’autre, sans mots inutiles. Sachant l’un et l’autre que jamais ils ne se rejoindraient, jamais ne se perdraient. Françoise Uhry – Le Banc
    (…) études secondaires: bac plus zéro j’en ai bavé j’apprenais tout par cœur une question hop je revoyais le numéro de la page l’endroit où se trouvait le texte en question à l’épreuve d’histoire le trou noir mon petit frère avait déchiré la page. Alain Pivot – Etoile de mer
    (…) (...) Gaël reconnaît qu’il a mis extrêmement longtemps pour supprimer Colin. Des années en réalité. Il ne sait même plus quand il a entamé le processus. Mais il y est arrivé. Et c’est ce qui compte, n’est-ce pas? Ne pas perdre confiance, y croire, persévérer... Simonne Bronchard - Sens de rotation des filaments pétales
    (…) Maria guettait le moindre signe, luttait de toutes ses forces, posait Petra sur ses deux membres inutiles, à longueur de journée, pour que le miracle arrive enfin. Catherine Rudelle - Leçon de musique
    (…) Il me refile son trésor, tout excité. Je le hume à mon tour... C’est vrai qu’il est classe son fumet. Ça fouette le bonheur! Un mélange de noisettes et de myrtilles... Ça commence à gamberger sec du côté de nos estomacs... Bernard Hennion - Jambon
  • Rouge

    Nombre de pages: 
    86 pages
    ISBN: 
    9782952347648
    Prix: 
    10.00€

    Tout est rouge… le bandeau d’un livre, une robe d’été, un bouquet de pavots, un blouson de cuir. Des personnages rougissent, les fantômes éblouis d’Héloïse et Abélard nous font signe et la sanguine crisse sur le papier quand ailleurs se répand l’encre des fautes et des secrets. Une journée comme les autres et l’astre du jour en profite pour nous faire son cinéma. Le rouge nous inquiète, nous surprend, nous en met plein la vue. Quelques histoires magiques, tranches de vies volées deci, de-là, bâtons de sucre ou de dynamite. Maintenant vous le saurez, Rouge s’écrit au singulier pluriel.

    Extraits: 
    Tout le monde est écrivain. Sauf moi.
    Sous le rose terni par la boue, de sa peau rugueuse, la bête égorgée émettra de petits cris aigus tandis que son sang foncé s’écoulera dans un grand récipient.
    Tel un cheval qui piaffe, je l’attends. Elle prend des photos, tout y passe : les canards, les canes, les canetons, les poules d’eau. Un reflet d’arbre. Un iris d’eau (nous sommes en juin). Je me demande ce que deviendront ces photos. Regardées une fois seulement, peut-être.
    Au moment d’éteindre, je remarquai sur la table une enveloppe qui m’était destinée. J’hésitai un instant puis l’ouvris fébrilement. « Chère Clara, je t’attendais depuis si longtemps que je n’ose croire que tu sois arrivée ce soir. J’aurais tant désiré te revoir dans un état présentable, t’épargner le spectacle d’un homme qui a perdu l’usage de son corps. Mais je ne me leurre pas, je sais aussi que si j’avais été cet homme vaillant que tu as connu, tu ne serais pas revenue. Ce soir, je remercie le ciel pour ce qu’il a fait de moi, car enfin tu es là. Je souhaite partir Clara, renoncer à la vie, et toi seule est capable de m’en donner le courage. William ».
    L’angélus envoie dans le ciel ses jolies notes. Me voilà au soir, constate-t-il surpris, au bord de la panique.
    D’abord Auguste n’a vu qu’un éclair. Avait-il bien vu d’ailleurs ? Le haut du corps penché sur la rambarde en bois, il tendait le cou, plissait ses yeux, retenait sa respiration. Peut-être que l’éclair reviendrait ?
    Le stylo rouge se met à rougir (encore plus qu’il ne l’est). Et semble me demander de le laisser en paix, il désire finir ses jours dans le silence apaisant de ce sac confortable.
    Elle retient soudain un mot : « sanguine ». Une voix attirante, mystérieuse, comme un prélude.
    Nous nous sommes faites des promesses, assises l’une à côté de l’autre, les yeux dans les yeux, sur ces sièges informes et vaguement pivoine de la salle des départs. Nous revoir vite, nous téléphoner, nous envoyer des livres. Savoir que l’une est là pour l’autre. Nous aimer en silence.
    J’aime la pâte grasse de mes dessins au pastel. Le bâton de rouge. La couleur, pas la brillance. Au collège, je suis la seule. Le gloss, rien à faire !
    Tous ces gens en terrasse. Petite mélodie des cuillères dans les tasses à café. Dans les rues soumises au printemps, voilà que tout recommence. Tout brille : jusqu’au moindre petit tas de poussière avec des trucs en plastique, des bouts de papier, du métal archi écrasé. La lumière a la peau dure. Dans chaque millilitre d’oxygène : la chanson insistante des « Tu me manques », « Où es-tu ? » et autres « Et si ? Et si ? » Son blouson rouge, cette façon de se vêtir pour nous dire « Je suis un oiseau de Paradis ».
    Qui n’a rêvé d’avoir du génie ? Moi la première. Je désespère depuis toujours de me nourrir d’une passion dévorante, qui tels les GRANDS maîtres, serait ma vie, ma mort.
  • Personne n’est mort

    Nombre de pages: 
    160 pages
    ISBN: 
    9782952347631
    Prix: 
    10.00€

    Philippe Aubert de Molay aime l'amour. L'amour le lui rend bien et ses amis aussi. Comme lui, ils ont été les gens qu'ils ont pu. Ils lui ont raconté, ils lui ont dit ce qu'ils ne s'avouaient pas eux-mêmes. Dans ces brefs récits l'amour est dense et danse l'amour. Rien n'est écrit et tout s'écrit. Et tous ses cris, briseurs de silences, rongent le temps au lieu de l'épaissir de vie et d'amour. Dans «Personne n'est mort », l’auteur nous livre en pâture nos propres balbutiements amoureux, nos brouillons de sentiments, nos certitudes de sable et ces tsunamis de rires et de larmes qui jalonnent les vies non linéaires de ceux qui veulent exister. «Personne n'est mort » est un cheminement magique, un sentier de douaniers au bord de l'interdit. Nous y cheminons et croisons nos incohérences amoureuses, nos rêves d'absolu, nos lâchetés quotidiennes, nos joies immenses. Philippe Aubert de Molay se fait ici écrivain du chuchotement. Il cisèle les sentiments mais nous balance au plexus des textes puissants comme l'amour et spontanés comme des lapsus. Rêvons avec lui de recevoir un jour cette fulgurance ultime : «Tu sais, je suis très amoureuse que tu sois là ».

    Extraits: 
    Il faut dire que la spécialité de Marylou est de se poser de drôles de questions. Genre : « dans le pain au lait, c’est VRAIMENT du lait ? ». Ou bien : « les morts meurent-ils ? » Elle estime que ce serait logique et que la mort en personne devrait mourir un jour. Devrait décéder, succomber à un truc, périr, plier bagage, tourner de l’œil, se noyer, claquer, crever, rester sur le carreau, mordre la poussière, tomber d’un toit, s’étouffer avec une cacahuète, se faire poignarder ou défenestrer, être proprement flinguée par la mafia russe. Agoniser. Subir une chimio, y croire et renoncer. Ou même (grandiose !) se suicider. Disparaître à jamais. Nous quitter. Se voir partir. Pour lui apprendre ce que ça fait de mourir.
    Il se dit qu’il a trouvé émouvant (et érotique) le moment, dimanche dernier, où après une visite au musée, tandis que le feu crépitait dans la cheminée, elle a soudain enlevé ses bottines noires pour poser ses pieds sur le canapé. Elle a fait ça avec un naturel de reine.
    Traverser une ville acquise au prochain sommeil. Chaleur de juin. Te frôler. « On va se faire une dînette avec les moyens du bord, j’ai faim ! Pas toi ? Et en plus dans le film, ils mangeaient tout le temps ! » Et maintenant, reine de Saba, tu viens dormir. Tu seras belle même dans le noir.
    Dans l’auto, on écoute Le Clair de lune de Debussy. Et je me souviens de ce moment où j’avais posé ma main sur ta joue pour la première fois. Tu avais demandé : « Touche-moi. Vraiment. » Nos mots d’amour : des petits cailloux ? Mais de Nîmes jusqu’aux confins des univers, c’est un chant flamenco de tristesse et de solitude que l’on entend. Celui de nos âmes encore heureuses et étonnées de se dire adieu. Et si reconnaissantes.
  • C'est pourtant joli Bernard comme prénom

    Nombre de pages: 
    192 pages
    ISBN: 
    9782952347624
    Prix: 
    7.50€

    Rebondissant sur les rondeurs mortellement moelleuses de la bouchère pour contempler le bouillon de onze heures dans les yeux, rencontrant Chandler en personne et le prof de français, et aussi des princesses aussi connes que dans Paris Match, une bouffeuse de fœtus, un dictionnaire victime des temps nouveaux (le presque parfait) et de leurs néologismes extrémistes, plus un réalisateur réalisant qu’il va mourir d’injuste manière (mais n’est-ce pas notre sort commun ?), une épouse avec un mari de trop (mais n’est-ce pas leur cas à toutes ?), une collectionneuse de maris aimant Mahler pour l’assonance, un serial killer par simple perfectionnisme, un amateur de pédalo qui tue, un malhabile découpeur de cadavre, plus un calamiteux mafieux, le lecteur serait tenté de penser qu’ils en font un peu trop, les potes à Bernard ici rassemblés. Mais qu’il jette un coup d’œil à l’actualité, et il reviendra avec plaisir vers ces histoires car elle a rarement l’humour de nos auteurs, l’actualité, et il est plus rare encore qu’elle se laisse porter, comme eux, et nous avec eux, par le plaisir de la langue et l’allégresse à exécuter cette très ancienne et très moderne et très nécessaire tâche : raconter des histoires.

    Extraits: 
    (…) la messe du dimanche en Calabre, c'est comme un contrat que l'on passe avec le Seigneur, quasiment dès la naissance, le jour où l'on reçoit sa médaille gravée à son nom. Celle qui ne vous quitte que lorsque vous terminez dans une boîte en sapin. Géraldine Pfister – Une question d'honneur
    (…) Le gamin de ses rêves, il faudra qu’elle lui trouve un autre père. Je lui tourne le dos et me concentre intensément pour me transformer en hérisson. Quelque chose a dû foirer dans la formule, parce qu’elle vient quand même se blottir contre moi. Ingrid Rajaomanana – Pas de fumée sans feu
    (…) Chambre 476, au deuxième étage au fond d’un couloir, à droite. Pourquoi lui avoir attribué ce numéro ? Je me pose trop de questions, tu délires Bernard, qu’est-ce que cela peut bien faire, (...) François-Laurent Josué – Si seulement cette nuit nous pouvions dormir
    (…) J'entrouvre la porte du bureau : Bernard est occupé à consulter un dossier. Il se retourne et a un sursaut en me voyant. Cela se comprend ! - Mais, mais, que faites-vous là ? Qui êtes-vous ? Je me régale de son expression, formidable mélange de surprise, de colère, d'inquiétude et de perplexité. Marielle Septima – Festival
    (…) Bien plus tard, alors que les violons réglaient leurs désaccords à l’amiable, que les bois finissaient de se suçoter les hanches, arrive au milieu de l’allée centrale une grand-mère à l’œil espiègle et à la démarche conquérante quoique approximative. Ses longues jambes légèrement courbées avaient un jour dû être droites, les imaginer avantageusement galbées relevait de l’inconcevable. Quant à sa taille elle avait cessé d’être un objet de convoitise pour n’être plus qu’un nombre à trois chiffres. Philippe Vieille – Parle pas de Mahler
    (…) Non, vraiment, elles sont trop bêtes ces princesses. C’en était trop quand par hasard j’ai surpris ma petite sœur Caroline couchée sur son lit, dans la position de la « princesse qui dort », en train d’attendre son prince charmant. On a sonné à la porte, c’était le facteur. Raté. Elle s’est mise à pleurer et m’a avoué, entre deux sanglots, son désespoir de ne pas assez ressembler à Belle avec les cheveux de Cendrillon et la robe de Blanche neige, que Caroline c’était pas un nom de princesse (et toc!) et que ce n’était vraiment plus tenable car elle avait perdu son chausson tout vert… Corinne Doche-Cros – Elles sont connes ces princesses
    (…) Car notre Cunégonde, derrière ses lingeries citadelles, ses efficaces mâchicoulis de soie, ses surplombantes échauguettes de dentelles, cachait, insoupçonnée dans ce corps montgolfière, une âme très légère à la sensibilité surprenante!... Bernard Hennion – La Balance
    (…) Il rentre le soir à la maison. Il rentre tous les soirs. A la même heure. Il jette ses clés sur le guéridon de l'entrée, il jette ses chaussures dans le placard, il jette sa veste sur le porte-manteau et il vient jeter un coup d'oeil à la cuisine. Pascal Martin – Des yeux dans le bouillon
    (…) De même, les annotations n’étaient pas en marge (après tout, jamais monsieur Hatier n’était en marge de quoi que ce soit, et surtout pas de la réalité) mais à l’intérieur même du texte, dans mon imagination, longs traits rouges rayant les mots, cordes couleur sang censées me faire remonter vers le réel. Et qui se terminaient sans le moindre doute par des nœuds coulants…" Julie Decottignies – Sans titre
    (…) Jusque là, la vie m’avait donné raison. J’avais encore des amis d’enfance, mes parents et un intérêt pour le monde qui m’entourait. Tout a bien changé, depuis. Mais qu’est-ce qui ne change pas, avec le temps ? Guillaume Ruiz – Amour accidentel
    (…) Il y avait du foot à la télé. Et pas n'importe quoi : Paris Saint Germain contre le Real. Et ça comptait pour la finale. Ma bière et moi, on n'en a pas perdu une miette. Première mi-temps : égalité, deux buts de chaque côté. Je jubilais. Pendant la pause publicité, je suis parti me chercher à manger. Au fond du congélo zonaient quelques trucs innommables. Je les ai jetés. J'ai ouvert le frigo, prendre la dernière bière. Jusqu'ici, tout marchait impeccable. C'est là qu'on a sonné à la porte d'entrée. En allant voir, j'ai laissé la canette sur la table... Léo Lamarche – Tempus fugit
    (…) Ils l’ont coupée. Ils ont enlevé leurs dents et scié leur petite main et m’ont recousue, comme si la bouche de mon estomac avait dit trop de gros mots et qu’il fallait l’empêcher de parler à nouveau ou de régurgiter mes sœurs. Ils ont fait une croix sur elles et les ont mises ensuite entre parenthèses pour les oublier Sophie Dabat - Pousses de Papyrus
    (…) Les imprimeurs prirent soin de moi. Ils m'enveloppèrent dans une couverture de papier et me couvrirent de baisers d'encre. Mes pages assemblées frissonnaient de se sentir si proches les unes des autres, et lorsque la couverture cartonnée vint finalement m'emballer, je laissai échapper un petit rire. Charlotte Richard – La guerre des mots
    (…) Comme je n’ai pas de motte de beurre, je décide de cacher mon pistolet entre deux tranches de pain français, un peu de verdure et du pâté crème, histoire de donner le change. Les deux policiers de faction se retournent pour admirer le massif de bégonias de Ron. C’est le moment, c’est l’instant. Stephen Vincke – Procéder par élimination
  • Ainsi sont-elles

    Nombre de pages: 
    168 pages
    ISBN: 
    9782952347617
    Prix: 
    7.50€

    Quinze nouvelles inédites sur le thème « une femme, une ville ». Des histoires drôles parfois, souvent vraies, de jolis petits textes qui nous racontent toutes ces femmes comme elles sont dans la vie. Et c'est la ville, la vie avec elles...

    Extraits: 
    (…) Un homme sera là, on partagera le petit déjeuner, on fera des tas de miettes, la cuillère s'enfoncera lentement dans la confiture, et nous dans le bonheur. Et on s'en barbouillera partout ! Michèle Bousser – Un petit bol jaune
    (…) Maintenant, elle attend le visage angélique par lequel elle est devenue l'une de ces femmes. Ils ont convenu qu'aujourd'hui ils se verraient pour la dernière fois. Margot Vanbert – La coupole
    (…) Elle était apparue un jour comme ça, fascinante ! Son air tranquile, sa beauté sereine, on aurait dit une icône qui marchait dans les rues de la ville. Sa silhouette longiligne se mariait parfaitement avec les grandes avenues. Sa souplesse de liane lui procurait l'immunité dans tous les jardins. Elle aimait ainsi profiter des espaces de quiétude et affichait son goût prononcé pour le calme. Christine Claustre – Florence
    (…) Elle est seule, penchée en avant sur cette pauvre table en formica, une frite à la main, songeuse, le regard flou, perdu vers d'autres paradis, vers d'autres réalités, d'autres mondes que je ne connais pas. François-Laurent Josué – Aniela
    (…) Si c'était moi qui avais pris les devants, il m'aurait fallu au moins six mois de patience, d’allusions obliques, de silences ridicules, de non-dits, de phrases à l’eau de rose, de découragements, de hardiesse, d'absence de gaffes, de rougeurs, de persévérance pour arriver à la même complicité intime avec elle... Bernard Hennion – Irina
    (…) Lucas, ce petit homme qui m'a dit un jour « quand je serai grand, j'apprendrai à rallumer le soleil pour que tu n'aies plus jamais froid la nuit » Mary Lesne – Léa
    (…) Elle soufflait dans son écharpe pour se chauffer le bas du visage. Il prit le temps d'allumer une cigarette. Il semblait choisir ses mots, et elle pressentit que cela allait être désagréable. Ingrid Rajaomanana – Retrouvailles de glace
    (…) Avant de commencer son ascension, elle s'était fixé un barème approximatif à respecter. Chaque marche grimpée correspondrait à une souffrance et au contraire, chaque marche redescendue signifierait une joie. Laëtitia Béranger – 17, rue de l'Arrivée
    (…) Finalement, jusqu'à hier soir, Lise n'y pensait pas trop. Et puis, lorsque son mari Jacques (qui se fait appeler Jack parce que dans sa profession, c'est beaucoup plus tendance) est rentré du boulot l'haleine encore trop chargée de son énième cocktail, Lise a su que ce matin, elle prendrait ce train. Géraldine Pfister – Paris - Grenoble